16 avril 2020 – 4 minutes de lecture
KISIO – Maria Lucia

Confinement et Mobilités

 

Confinement et Mobilités

 

Kisio et Roland Berger se sont à nouveau associés pour analyser, cette fois, les effets du confinement sur les mobilités en France, grâce aux traces GPS collectées sur le mois de mars. Les résultats de cette étude inédite ont été présentés lors d’un webinaire organisé vendredi 10/04/2020.

David O’Neill, directeur exécutif Kisio Etudes & Conseil, et Didier Bréchemier, Senior Partner Roland Berger, ont pris la parole, pour restituer cette étude, en commenter les résultats et donner des pistes sur le devenir de nos mobilités post-confinement. Plus de 150 invités parmi nos clients, prospects, partenaires mais aussi des journalistes, étaient connectés à distance pour les écouter et engager le débat en fin de présentation.

 

Les déplacements des Français ont diminué de près de 80% depuis le début du confinement

Comment les Français se déplacent-ils depuis l’entrée en vigueur du confinement le 17/03/2020 ?

A  partir des données GPS et dans le respect du RGPD, Kisio et Roland Berger ont analysé les trajets de 1 000 000 personnes réparties sur toute  la France entre le 1er février et le 31 mars 2020.

Cette étude souligne que le confinement a modifié profondément nos habitudes de mobilité, avec une diminution de près de 80% des déplacements sur l’ensemble du territoire, et de manière assez uniforme. L’Ile-de-France est la région où les déplacements ont le plus diminué (-83%) ; la Bretagne, le Centre-Val de Loire, la Nouvelle Aquitaine et la Corse sont celles où la baisse a été la moins importante à 77%.

La baisse est plus sensible pour les transports en commun que pour les véhicules individuels. Dès le premier jour du confinement en Ile-de-France, les transports en commun ont connu une diminution de 85%, qui n’a cessé de s’amplifier. Les déplacements en automobile ont moins diminué (-72% le premier jour du confinement en Ile-de-France), ce qui a fortement fait progresser la part modale de l’automobile (+10 points).

La précision des données de géolocalisation ont permis de vérifier un certain nombre de faits. Ainsi, il n’y a pas eu d’exode massif des parisiens, mais 13% des habitants ont quitté Paris, 7% sont restés en Ile-de-France, 6% ont quitté la région parisienne. Les parcs parisiens ont été autant fréquentés le weekend du 14-15 mars que le weekend du 7-8 mars. A la suite des annonces officielles, les déplacements en banlieue parisienne comme au centre de Paris ont suivi la courbe nationale.

Les Français ont légèrement raccourci les distances parcourues. 52 % d’entre eux (contre 47 % avant le confinement) effectuent des déplacements de moins de 5 kms.  La structure des trajets a été aussi légèrement modifiée : la pointe du matin est bien plus étalée et il y a une moindre diminution des déplacements le weekend. Les quartiers résidentiels et les zones hospitalières sont devenus les lieux les plus fréquentés de la ville, en remplacement des zones de loisirs, des gares et des stations de métro auparavant.

Fort de ces constats, il est désormais essentiel de suivre la manière dont les citoyens se remettront à voyager pour éviter un post-confinement tout voiture. Ce déconfinement doit se préparer dès maintenant : adaptation de l’offre, gestion opérationnelle efficiente, coopération renforcée entre toutes les parties-prenantes de la mobilité pour continuer à renforcer l’attractivité des transports collectifs et des modes actifs. 

 

Les chiffres clés de l’étude

  • L’Ile-de-France est la Région qui a la plus diminué ses déplacements (-83%)
  • 13% des habitants ont quitté Paris, dont 6% ont quitté l’Ile-de-France
  • Les trajets en transports en commun ont beaucoup plus diminué que les trajets en voiture (-85% contre -72% le premier jour du confinement)
  • Estimation de la baisse des recettes pour 2020 pour les transports en commun d’au moins 2 milliards d’euros

 

Méthodologie de l’étude

L’étude a été réalisée grâce aux traces GPS correspondant aux données de géolocalisation des smartphones, collectées régulièrement par l’intermédiaire d’applications mobiles. Il s’agit d’une succession de coordonnées (x, y, z), captées tout au long de la journée et associées à un identifiant crypté de terminal. Ces traces sont ensuite segmentées en déplacements, auxquels il est nécessaire d’affecter des modes. La généralisation de l’usage des smartphones, équipés de puces GPS et connectés à internet, en fait une source de données à très fort potentiel pour l’analyse des mobilités. Les données sont collectées après obtention du consentement des personnes et en respect du RGPD.

Téléchargez ici l’étude réalisée par Kisio & Roland Berger